Pourquoi le froid dehors empêche le froid dedans
Un congélateur domestique régule sur un seul capteur. Quand la pièce descend à 5 °C, le fluide frigorigène ne monte plus assez en pression pour que le cycle fonctionne correctement, et la commande peut décider qu’il n’y a pas lieu de démarrer. Résultat, la cuve remonte lentement vers −10 °C, puis plus haut.
Rien ne clignote. C’est le piège : le voyant est vert, la porte est fermée, et pourtant la viande est en train de dégeler doucement pendant une semaine de gel. On ne s’en aperçoit souvent qu’au printemps, en retrouvant des paquets déformés et du givre partout.
Lire la classe climatique
Elle figure sur la plaque signalétique, en deux lettres. SN : 10 à 32 °C. N : 16 à 32 °C. ST : 16 à 38 °C. T : 16 à 43 °C. Certaines plaques indiquent plusieurs classes, par exemple SN-T, ce qui donne une plage large, de 10 à 43 °C.
La classe la plus courante en France est N ou SN-N. Un appareil N dans un garage non chauffé de la région lyonnaise passera plusieurs semaines par an sous 16 °C : ce n’est pas un cas limite, c’est le cas normal.
Certains constructeurs annoncent des modèles « garage », capables de fonctionner jusqu’à 0 °C voire −15 °C ambiants. C’est écrit noir sur blanc dans la fiche technique ; si ce n’est pas écrit, ce n’est pas le cas.
Local par local
La cave est souvent le meilleur choix : elle est stable, entre 10 et 15 °C toute l’année, humide mais sans gel. Un appareil SN y fonctionne très bien. Surveillez seulement la condensation sur la carrosserie, qui finit par faire de la rouille : laissez de l’air circuler autour.
Le garage est le plus risqué, parce qu’il suit la température extérieure avec quelques degrés de retard : 2 °C en janvier, 35 °C en août sous une toiture en tôle. Il faut un appareil large plage, SN-T, et le tenir à l’écart du mur extérieur.
Le balcon et la terrasse sont à exclure, même couverts. Ni la pluie, ni le gel, ni le soleil direct ne conviennent à un appareil électroménager, et son isolation n’est pas prévue pour les cycles d’humidité. Un cellier ou un couloir intérieur, même petit, vaut toujours mieux.
Les règles d’installation qui valent partout
Cinq centimètres d’air libre à l’arrière et au-dessus, pour que le condenseur évacue sa chaleur. Pas de cartons posés dessus, pas d’encastrement dans un meuble non ventilé. D’aplomb, calé si le sol est irrégulier, sinon la porte ferme mal et le joint travaille mal.
À l’écart des sources de chaleur : chaudière, chauffe-eau, four, ensoleillement direct par un soupirail. Et sur une prise avec terre, sans multiprise ni rallonge fine : un compresseur demande un appel de courant au démarrage.
Enfin, laissez-le reposer debout deux à quatre heures avant de le brancher s’il vient d’être transporté, le temps que l’huile du compresseur redescende.
Surveiller un appareil déporté
Un congélateur qu’on ne voit pas tous les jours doit avoir un thermomètre, et de préférence un thermomètre à mémoire du maximum, qui garde la température la plus haute atteinte. Une lecture par semaine suffit à détecter un problème avant qu’il coûte quinze kilos de viande.
Le vieux truc du gobelet marche aussi, sans électronique : un petit verre d’eau congelé, avec une pièce de monnaie posée dessus. Si la pièce est au fond du verre quand vous revenez, le contenu a dégelé puis regelé, et on ne garde pas.
| Local | Température habituelle | Classe nécessaire |
|---|---|---|
| Cuisine, cellier | 16 à 28 °C | N suffit |
| Cave | 10 à 15 °C | SN |
| Garage non chauffé | 2 à 35 °C | SN-T, ou modèle garage |
| Balcon, terrasse | −5 à 40 °C | Aucun appareil domestique |
| Près d’une chaudière | 25 à 35 °C | ST, et 5 cm d’air libre |



Recette · 6 pers. · 1 h 50
Conserver
