L’inventaire, le geste qui sert à tout
Avant de partir, notez sur une feuille ce qu’il y a dedans, tiroir par tiroir, avec les dates. Scotchez la feuille sur la porte. Cela prend quinze minutes et cela sert trois fois : pour ne pas ouvrir à l’aveugle au retour, pour savoir ce qui arrive en fin de durée, et pour évaluer la perte si quelque chose s’est mal passé.
C’est aussi le moment de manger ce qui est au bout de sa durée plutôt que de le laisser trois semaines de plus. La semaine avant le départ est faite pour vider les fins de paquets.
Remplir les vides
Un congélateur plein garde le froid bien plus longtemps qu’un congélateur à moitié vide, parce que la masse gelée est elle-même une réserve de froid : l’air, lui, se réchauffe en quelques minutes. Si des tiroirs sont à moitié vides, complétez avec des bouteilles d’eau remplies aux trois quarts et congelées à l’avance.
Trois ou quatre bouteilles de 1,5 litre suffisent à combler un tiroir, et elles servent de blocs de froid géants pendant une coupure. Au retour, on les laisse en place : elles ne gênent personne.
Ne remplissez pas les bouteilles à ras bord : l’eau prend environ 9 % de volume en gelant, et une bouteille pleine éclate.
Vérifier l’appareil, pas le flatter
Posez un thermomètre au milieu du tiroir central trois jours avant le départ et lisez-le la veille : il doit indiquer −18 °C ou moins. Si ce n’est pas le cas, ce n’est pas le moment de partir avec vingt kilos de viande dedans.
Dégivrez s’il y a plus de 5 mm de givre : le givre isole l’évaporateur et fait travailler l’appareil pour rien. Vérifiez le joint avec une feuille de papier glissée dans l’encadrement : si elle sort sans résistance, il y a une fuite d’air permanente.
En revanche, ne poussez pas le thermostat au maximum « pour être tranquille ». Un appareil qui tourne au plus froid pendant trois semaines consomme beaucoup et givre davantage. Si vous voulez une marge, activez la super congélation deux jours avant et laissez-la se couper, puis repartez en réglage normal.
Le témoin de dégel
C’est l’outil le plus utile du départ en vacances, et il coûte le prix d’un verre d’eau. Remplissez un petit gobelet d’eau, congelez-le, puis posez une pièce de monnaie à plat sur la glace et remettez le gobelet au congélateur.
Au retour, la lecture est immédiate. La pièce est restée en surface : rien n’a dégelé, tout est bon. La pièce est prise au milieu de la glace : il y a eu une remontée partielle, on consomme rapidement et on ne garde pas les paquets les plus fragiles. La pièce est au fond du gobelet : tout a dégelé puis regelé, et on ne garde pas la viande.
Un thermomètre à mémoire du maximum donne la même information avec plus de précision, en affichant la température la plus haute atteinte pendant l’absence. Les deux se complètent bien.
Au retour
Lisez le témoin avant d’ouvrir. Si tout est en ordre, ouvrez, vérifiez l’inventaire, et reprenez le cours normal. Si le témoin indique une remontée, n’ouvrez pas à répétition pour « voir » : chaque ouverture aggrave la situation.
Les signes d’une remontée se lisent aussi sur les paquets : du givre abondant à l’intérieur des sacs, des paquets déformés qui ont pris la forme de leurs voisins, un bloc de haché qui n’est plus plat. Dans ce cas, on ne recongèle pas et on ne garde pas la viande.
Et si vous partez longtemps, pensez simplement à demander à quelqu’un de passer une fois. Un voisin qui jette un œil au voyant et au thermomètre à mi-séjour, c’est la seule vraie assurance.
| À faire | Quand | Pourquoi |
|---|---|---|
| Manger les fins de paquets | La semaine d’avant | Ne pas laisser vieillir trois semaines de plus |
| Thermomètre dans le tiroir | 3 jours avant | Vérifier les −18 °C réels |
| Dégivrer si plus de 5 mm | 3 jours avant | Le givre isole l’évaporateur |
| Bouteilles d’eau congelées | 2 jours avant | Combler les vides, réserve de froid |
| Inventaire scotché sur la porte | La veille | Ne pas ouvrir à l’aveugle au retour |
| Gobelet d’eau et pièce de monnaie | La veille | Lire une remontée au retour |


Recette · 6 pers. · 2 h 20
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