Ce qui commande le temps
Une marinade travaille par la surface. Elle pénètre lentement, quelques millimètres au mieux. Donc plus la pièce est fine, plus le goût arrive vite. Une escalope prend en une heure ce qu’un gigot met une nuit à prendre.
L’acidité compte autant. Un jus de citron pur attaque vite et peut cuire la surface. Un yaourt ou une huile aux herbes agissent en douceur et pardonnent les longues poses. Adaptez le temps au liquide, pas seulement à la viande.
Les repères par pièce
Un cadre simple, à corriger selon votre marinade. Avec une base citronnée, restez dans le bas de la fourchette. Avec une base au yaourt ou à l’huile, vous pouvez monter.
- escalopes de veau, émincés, pièces fines, 30 min à 2 h
- filets et cuisses de poulet désossées, 2 à 4 h
- brochettes de bœuf ou de volaille, 2 à 4 h
- bifteck de bavette, 1 à 2 h
- gigot et épaule d’agneau, une nuit
- côte de bœuf, grosse pièce, une nuit
Les deux erreurs de temps
La première, mariner cinq minutes et attendre un miracle. La marinade n’a pas eu le temps d’accrocher, elle coule à la cuisson. Donnez-lui au moins une demi-heure, même pour une pièce fine.
La seconde, oublier une volaille deux jours dans son citron. La chair blanchit, se défait, devient molle. Respectez les durées, et ne faites pas mariner au-delà des temps de conservation du cru. Le haché se garde peu, la volaille un peu plus, les pièces de bœuf davantage.
Le froid et la marinade usée
On marine au réfrigérateur, jamais sur le plan de travail. L’Anses situe le réfrigérateur entre 0 et 4 °C. Une marinade laissée à l’air tiède fait monter les bactéries aussi vite que sur la viande nue.
La marinade qui a baigné le cru ne se réutilise pas, telle quelle, pour arroser ou pour une sauce. Le gouvernement du Québec est clair là-dessus. Si vous en voulez pour le service, prélevez-en une part avant d’y plonger la viande. Ensuite, place à la cuisson, 74 °C à cœur pour la volaille, 70 °C pour la kefta, 50 °C pour un bœuf saignant.
Le cas des pièces déjà marinées
Certaines pièces arrivent déjà marinées de l’atelier, brochettes ou cuisses. Pas besoin d’en rajouter, le travail est fait. Sortez-les de leur emballage, posez-les sur le feu, et gérez la cuisson.
Si vous voulez tout de même renforcer le goût, ajoutez à sec, au dernier moment. Un tour de poivre, une pincée d’épices, un filet d’huile. Ne replongez pas une pièce déjà marinée dans un nouveau bain acide, elle deviendrait molle. Et gardez-les au froid entre 0 et 4 °C jusqu’au feu.
Retenez le principe plutôt que les minutes exactes. Fin et court, épais et long, acide donc prudent. Une pièce fine prend vite, une grosse pièce demande la nuit, et le citron pur se surveille. Avec ça en tête, vous réglez le temps de n’importe quelle marinade, sans tableau, selon la viande que vous avez sous la main.
| Pièce | Base citron | Base yaourt ou huile | À cœur |
|---|---|---|---|
| Escalope, émincé | 30 min | 1 à 2 h | 60 °C le veau |
| Filet de poulet | 1 à 2 h | 2 à 4 h | 74 °C, jus clair |
| Bifteck de bavette | 1 h | 1 à 2 h | 50 °C saignant |
| Brochettes | 1 à 2 h | 2 à 4 h | selon la viande |
| Gigot d’agneau | 3 à 4 h | une nuit | 58 à 60 °C, rosé |
| Grosse pièce de bœuf | quelques heures | une nuit | 50 °C saignant |









Recette · 4 pers. · 40 min
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