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Les grandes occasions

Le budget viande d’un grand repas : où mettre l’effort

Par l’atelier Le Boucher — Maison Asloum · · 3 min de lecture

L’essentiel

Dans un grand repas, l’effort se concentre sur une seule pièce et se relâche partout ailleurs. La règle qui fonctionne : la moitié du budget viande sur la pièce que l’on tranche devant les convives, un quart sur la seconde viande, un quart sur l’entrée et les restes. Les morceaux les plus accessibles sont aussi les plus adaptés aux grandes quantités, parce qu’ils se cuisent en cocotte et s’améliorent en attendant. Et il reste 10 % du total à ne pas dépenser : la marge d’erreur.

Le budget viande d’un grand repas : où mettre l’effort

Une seule pièce qui porte l’effet

Dans tous les grands repas réussis, il y a une pièce dont les convives parlent. Elle est grande, elle se tranche devant eux, elle porte tout le souvenir du repas. Elle mérite la moitié du budget viande à elle seule.

Essayer de monter deux pièces d’exception est le réflexe coûteux et contre-productif : elles se font concurrence, aucune des deux ne ressort, et le budget est consommé avant les accompagnements.

Une seule pièce forte, donc, et la plus grande possible : un gigot entier, un baron, un rôti de trois kilos, un chapon. La taille fait autant d’effet que le morceau.

La seconde viande, celle qui fait le volume

Un quart du budget va à la seconde viande, dont le seul rôle est le volume : pilons, cuisses de poulet, merguez, hachés, brochettes, épaule tranchée. Ce sont des produits de tous les jours, et ils ne cherchent pas à impressionner.

C’est le poste où l’on peut descendre le plus sans que personne ne le remarque, parce que la seconde viande est toujours assaisonnée, marinée ou en sauce : le morceau disparaît derrière la préparation.

Astuce de répartition : prenez deux tiers du poids total sur la seconde viande et un tiers sur la pièce forte. Le volume est tenu par le poste le plus accessible, l’effet par le poste le plus soigné.

Les morceaux qui travaillent pour vous

Les morceaux les plus accessibles sont, par chance, ceux qui conviennent le mieux aux grandes quantités. Le collier, le jarret, le plat de côtes, la macreuse, le paleron, l’épaule : ils se cuisent en cocotte, ils supportent le maintien au chaud, ils sont meilleurs le lendemain.

La raison est physique : ce sont des morceaux riches en collagène, qui fondent en trois heures de cuisson douce et donnent une sauce liée toute seule. Les morceaux dits nobles, eux, se dégradent dès qu’on les fait attendre.

Un grand repas bâti sur ces morceaux-là est à la fois moins cher et plus simple à servir. C’est une des rares situations où l’économie va dans le même sens que la qualité.

L’os, le poste caché

Une pièce à l’os porte 25 à 40 % de poids non comestible. Acheter à l’os coûte donc moins au kilo mais pas forcément moins par convive : il faut recalculer en chair.

Faites le calcul avant de décider. Pour servir cinq kilos de chair, il faut environ huit kilos d’épaules d’agneau à l’os. Si le même menu peut se faire avec cinq kilos et demi d’une pièce sans os, la comparaison change de camp.

L’os garde cependant deux avantages réels : il donne du goût et du corps à une sauce ou à un bouillon, et il permet un plat supplémentaire — un bouillon ou une soupe le lendemain, qui est une part de repas gagnée.

Les 10 % qu’on ne dépense pas

Gardez un dixième du budget viande non engagé jusqu’à trois jours avant le repas. C’est la marge qui absorbe les deux imprévus les plus fréquents : trois convives de plus, ou une pièce qui ne sera pas disponible au calibre prévu.

Si rien n’arrive, dépensez-la en pièces rapides — brochettes, merguez, hachés — qui se congèlent si la table ne les réclame pas. Vous n’aurez rien perdu.

Et une dernière économie, qui ne se voit pas dans un budget : ne prévoyez pas trois viandes. Chaque viande supplémentaire ajoute une cuisson, une surveillance et une quantité qui finit au réfrigérateur.

Poste Part du budget viande Part du poids
La pièce que l’on tranche devant la table 50 % un tiers
La seconde viande, pour le volume 25 % deux tiers
Entrée froide, charcuterie, plat du lendemain 15 % en plus du repas
Marge non engagée 10 % pièces rapides, congelables
Les sources de cet article

Les chiffres de cet article viennent de ces documents publics. La maison ne les a pas produits : elle les cite.

La lettre de la maison

La pièce de la semaine.

Une pièce, la façon de la cuire, une recette. Une fois par semaine, rien d’autre.

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