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Les sportifs

Viande rouge et sport : ce que disent les repères

Par l’atelier Le Boucher — Maison Asloum · · 5 min de lecture

L’essentiel

Les repères sont publics, et ils ne changent pas selon qu’on s’entraîne ou non. Santé publique France conseille de ne pas dépasser 500 g de viande hors volaille par semaine, soit environ trois ou quatre steaks. Elle conseille de privilégier la volaille le reste du temps, et de ne pas dépasser 150 g de charcuterie par semaine. Le centre international de recherche sur le cancer de l’OMS classe la viande rouge comme probablement cancérogène pour l’homme, groupe 2A. Et la viande transformée comme cancérogène, groupe 1. Dit une fois, c’est dit. 500 g par semaine laissent deux beaux repas de bœuf ou d’agneau, et le reste de cet article s’occupe de ces deux repas.

Salade de bœuf, pois chiches et herbes

Les repères, dits une fois

Santé publique France, sur mangerbouger.fr, donne deux limites hebdomadaires. La première, au plus 500 g de viande hors volaille par semaine. Parmi elles, le bœuf, le veau, l’agneau et le mouton, en privilégiant la volaille. Elle précise que 500 g correspondent à environ trois ou quatre steaks. La seconde, au plus 150 g de charcuterie par semaine. Elle y compte les saucisses, y compris de volaille, les viandes salées, séchées ou en conserve.

Du côté de l’OMS, son centre international de recherche sur le cancer classe la viande rouge en groupe 2A, probablement cancérogène pour l’homme, et la viande transformée en groupe 1, cancérogène pour l’homme. L’OMS définit la viande transformée comme une viande modifiée par salaison, maturation, fermentation, fumaison ou d’autres procédés de conservation. Elle précise que les données ne permettent pas de désigner un niveau de consommation sans danger, et renvoie à sa recommandation de 2002 de modérer la consommation de viande transformée. Voilà l’état des recommandations ; nous n’en dirons rien de plus.

Ce que 500 g représentent dans un panier

C’est moins abstrait quand on regarde les packs. Un pack de biftecks de bavette fait 350 g, pour deux personnes. Un pack de rumsteck 400 g, deux personnes. Un pack d’entrecôtes 500 g, deux personnes. Un gigot d’agneau tranché 1 kg, quatre à cinq personnes. Pour une personne seule, 500 g par semaine représentent donc deux repas de viande rouge généreux, ou trois plus mesurés à 150 g.

Pour une famille, le calcul se fait par convive, pas par pack. Un colis bœuf partagé à quatre tient facilement dans le repère si l’on compte deux repas de viande rouge dans la semaine, et que les autres soirs passent par la volaille, le poisson et les légumes secs. L’étiquette de chaque pack porte le poids, ce qui rend le compte direct.

Ce que la viande rouge apporte, en chiffres

Ce n’est pas une question de protéines : sur ce point, volaille et viande rouge sont voisines. La table Ciqual de l’Anses donne 26,3 g de protéines pour 100 g de viande rouge cuite en moyenne, et 27,8 g pour la viande de volaille cuite. L’écart est ailleurs : 2,73 mg de fer pour la viande rouge contre 0,86 mg pour la volaille, 2,34 µg de vitamine B12 contre 0,48 µg, 5,14 mg de zinc contre 1,5 mg.

Les références de l’Anses donnent la mesure de ces écarts : 11 mg de fer par jour chez l’homme adulte et chez la femme à pertes menstruelles faibles à modérées, 16 mg chez la femme à pertes élevées ; 9,4 mg de zinc chez l’homme et 7,5 mg chez la femme à un apport en phytates de 300 mg par jour. L’Agence rappelle aussi que le fer héminique, propre aux aliments d’origine animale, s’absorbe mieux que le fer non héminique. C’est exactement pour cela que les repères parlent de limiter, et non de supprimer.

Comment on tient les deux bouts

La semaine se construit, elle ne se subit pas. Les repères de Santé publique France se superposent sans difficulté.

  • deux repas de viande hors volaille, en restant sous 500 g par semaine et par personne
  • deux ou trois repas de volaille, en morceaux maigres : filets, cuisses désossées, escalopes de dinde
  • du poisson deux fois par semaine, dont un poisson gras
  • des légumes secs au moins deux fois par semaine, qui portent aussi du fer, non héminique
  • des portions de 120 à 150 g de viande crue plutôt que des pavés de 300 g
  • les mijotés, qui font deux repas avec la même quantité de viande, parce que la sauce et les légumes prennent de la place
  • la charcuterie comptée à part, dans la limite des 150 g par semaine

La cuisson entre aussi dans l’équation

Un point que l’Anses traite à part, et qui concerne surtout la belle saison : le barbecue. L’Agence conseille de ne pas dépasser une température de cuisson d’environ 220 °C, et de cuire à la chaleur des braises plutôt qu’au contact des flammes, qui atteignent souvent 500 °C. Elle recommande une grille à au moins 10 cm des braises pour un barbecue horizontal, et de couvrir les braises d’une fine couche de cendres ou de retirer le gras visible, parce que les gouttes de graisse qui tombent provoquent flammes et fumée, lesquelles favorisent la formation d’hydrocarbures aromatiques polycycliques en surface de la viande.

Le reste est la cuisson juste, celle qui respecte la pièce : un bœuf saignant se sort à 50 °C, à point à 55 °C, pour 52 à 54 °C et 57 à 60 °C après repos ; un agneau rosé à 58 à 60 °C ; le veau autour de 60 °C ; la volaille à 74 °C à cœur avec un jus clair, selon Santé Canada ; la kefta, les merguez et le haché à 70 °C, sans rosé ; les saucisses de volaille à 74 °C. Et pour votre situation personnelle, antécédents ou suivi médical, la conversation se tient avec un médecin.

Le repère Qui le donne Le chiffre Ce que ça fait en packs À retenir
Viande hors volaille Santé publique France 500 g par semaine au plus un pack d’entrecôtes de 500 g, ou une bavette plus un rumsteck environ 3 ou 4 steaks
Charcuterie Santé publique France 150 g par semaine au plus comptée à part de la viande saucisses, viandes salées, séchées, en conserve
Volaille Santé publique France à privilégier filets 500 g, cuisses désossées 600 g morceaux maigres, sans la peau
Poisson Santé publique France 2 fois par semaine — dont un poisson gras
Légumes secs Santé publique France au moins 2 fois par semaine — lentilles, haricots, pois chiches
Viande rouge CIRC, OMS groupe 2A — probablement cancérogène pour l’homme
Viande transformée CIRC, OMS groupe 1 — cancérogène pour l’homme
Barbecue Anses environ 220 °C au plus grille à 10 cm au moins des braises pas au contact des flammes
Protéines Ciqual, Anses 26,3 g pour 100 g de viande rouge cuite — 27,8 g pour la volaille : même ordre
Fer Ciqual, Anses 2,73 mg contre 0,86 mg — c’est là qu’est l’écart
Les sources de cet article

Les chiffres de cet article viennent de ces documents publics. La maison ne les a pas produits : elle les cite.

La lettre de la maison

La pièce de la semaine.

Une pièce, la façon de la cuire, une recette. Une fois par semaine, rien d’autre.

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